dimanche 2 mai 2010

helier

l'automne marque le début d'une nouvelle année pour le kid.
j'étais tranquillement assise à l'ombre d'un cactus quand ce jour se leva. L'automne, mon anniversaire.
je marche au bord d'une foule enfantine, contant des légendes nouvelles à poupée quand cette histoire de spirale me revient.
un vent glacé souffle sur une estrade rouge, la danse éclairée par le reflet désertique d'une lune électrique bat son plein. l'espace est salé, croque sous la dent comme si l'océan avait avalé une ville antique avant de pousser les rayons battants d'énergie modale. l'entropie est de la partie lance v en se levant d'un pied certain, celui d'un marin qui n'aurait pas vu un bateau depuis un demi-siècle et qui regarde la montagne comme une pile de roches attendant d'être emmenée à bord d'un train à grande vitesse direction la mandchourie à bascule. les électrons suivent un cercle invisible, orchestrant la chimie universelle vers une nouvelle vie. hélices complexes draguent les forces implacables de l'humanité, spécialisation et découpage exponentielle, l'aspect solaire d'une vie commence dans la puissance d'une rencontre improbable et d'une réaction organique sans cesse répétée. jane a le vertige, elle murmure un vers pour éclairicir ses bottes épuisées de tant de sel. rien n'y fait, elle est aveuglée, décide de partir, est aspirée par le souffle centripète d'un saloon gravitationnel. qu'à cela ne tienne, les couleurs se fondront devant ses yeux mi-clos, les flashs pop d'une publicité pour un séjour stellaire lui rappelle qu'il lui suffira de faire un pas sur le côté pour absorber l'obscurité chaude enveloppant ce corps se formant à la vitesse fabuleuse de la complexité assumée par le temps sans âge. l'estrade est avalée à son tour entrainant avec elle la précision électronique d'un amas particulaire à destinée lunatique. conglomérat et unification font de ces courants un trait supplémentaire dans les strates iodées.
Mais reprenons.
L'automne commence par la fin de l'été. Encore temps et lumière de découvrir le petit square au bas de la rue. Poupée est impressionnée par tous ces enfants et je me demande comment on monte à ce toboggan. Je prends me marques et me rappelle de garder le soleil dans le dos. Un kid averti sur la piste du vieux Ben des livres poussiéreux.
Mais le début de l'automne est avant tout marqué par mon anniversaire. Le second en cette année 2009. L'air est encore doux, papa s'apprête à repartir, les cadeaux affluent de toute part, la famille est réunie et l'ambiance est nettement plus apaisée que l'année précédente.
Je commence par le vert.
Et je termine par le plus gros, le plus rouge et le plus difforme de tous les cadeaux.
Fière vous dites?
Et pas qu'un peu! répond le kid.
Un vrai vélo!
Bougies et chocolat. Sans doute une superbe définition d'anniversaire.
Soufflons qu'ils disaient!
Mystères du temps et de l'espace, nos nouveaux voisins d'en face soufflent également des bougies. Quelque part aux confins d'un désert un chaman se frotte les mains de bonheur en évoquant une telle conjonction fabuleuse à l'aide d'une poignée de plantes autochtones et d'eau tiède.La famille dans la nouvelle maison sous le regard post moderne de Jeff Wall.
J'ai même un casque comme papa pour pédaler très très très très très très vite!
Splendide!
Il faudra que mes jambes grandissent encore un peu mais l'idée est là. Qui a cru voir un biker dans la rue des ormeaux en cette matinée de septembre? Et poupée peut même voyager à l'arrière. C'est un vélo merveilleux.
Il nous emmène jusqu'au parc. Poupée, intrépide et échevelée, fait quelques tours de toboggan.
On rallume 2 bougies sur un macaron. Ce soir je suis née depuis 2 ans, au jour près. Et un jour près c'est important. Et un macaron au chocolat c'est très délicieux.
Le lendemain papa repart pour 2 semaines, un peu plus à l'ouest de la lointaine Amérique. Il déguste des mets fabuleux.
Croise de nouveaux post offices.
Roule le long des rivières glacées qui traversent le continent.
L'automne s'installe
Les 'main streets' se suivent et se ressemblent.
Et l'aéroport de new-york est un peu encombré.
Et puis il est de retour à la maison et l'automne commence vraiment à Rennes.
On s'installe dans notre nouvelle maison, maman travaille, papa travaille, le kid va chez tata avec Antoine et Raphael. Quelques excursions à la crèche, le ballon dans le jardin, le petit vélo et même une course à pied qui génère une file de voitures comme on n'en a plus vu depuis.
Et puis un soir je repense à cette soirée terrible sur le port de san francisco. Le brouillard était tombé plus tôt et plus épais que les soirs précédents. Nos bottes étaient encore brillantes de poussière de désert accumulée au cours de nos excursions dans le sonora et je me souvenais de nuits claires, glacées, silencieuses. Nous avions croisé la piste de fantômes en quête d'eau ou d'or, transportant armes, rêves, tissus et visions écarquillées. Nous en sommes sortis par la piste qui mène à l'océan, nos fontes remplies de secrets médicinaux et d'histoires. Mais ce soir-là nous avions vraiment froid, le ressac du pacifique était lugubre et les chants de marin sonnaient plus tristes qu'à l'accoutumée. Nous sommes montés à bord du T.Pynchon.M.S, direction le nord et une autre promesse. Le navire était coincé à cause du brouillard, les chants se rapprochaient. Chaotiques et houleux. Cette sensation désagréable se transformait en véritable malaise à mesure que la soirée avançait et que notre départ était retardé. Au fond de mon hamac, les souvenirs de saloons brûlants se mêlaient aux histoires brutales de pêches nordiques reprises par des chœurs incertains et joyeux. L'air salé, le ciel opaque et le roulis irrégulier n'était d'aucun réconfort. Je tentais de retourner dans cette chambre au nord de Durango, entourée de neige fraîche à la lumière de l'aube. En vain, le malaise se transformait en nausée. La nuit ne faisait que commencer et j'étais au plus. Bill, sage, avait débarqué, au risque de rater le départ, mais évitant ce blues malsain. Il était un peu tard pour moi et la nuit fut affreuse. Je me réveillai au plus mal, à 2 reprises. Mes parents étaient là, un peu hagards, loin du Pacifique et de la poussière.
Et puis le tout petit matin vint, les marins ne chantaient plus, le brouillard s'éclaircissait, le capitaine donna l'ordre de remonter le pont. Tout le monde s'habilla et notre petite troupe familiale marchait rapidement dans la nuit. Direction la gare. Le navire s'éloigna doucement du quai. Tout le monde prit place à bord du train en direction de Paris. A la sortie de la baie de San Francisco j'avais complètement repris mes esprits. Nous arrivions à Paris où nous allions prendre la navette pour CDG puis l'avion pour Malaga. Samedi matin difficile.
Les vacances peuvent commencer.
Un petit tour en bus sur le tarmac
A bord de l'avion.
Malaga, voiture de location, route d'après-midi, paysages d'oliviers, montagnes jaunes et puis nous arrivons à Grenade. Nous allons passer une semaine de vacances dans cette grande maison au fond d'une vallée à l'est de la ville.
On prend notre temps, on se repose, on explore un peu la montagne autour de la maison et on se met en route. Le temps est splendide pour notre premier aperçu de Grenade.
Une petite promenade à l'ombre, un pique-nique urbain et c'est notre d'entrer dans l'Alhambra. C'est déjà le début de l'après-midi. Lou, Jacques, Françoise et Jean-Lou boivent un piti café.
Et je me repose un peu.
Je fais ma sieste au rythme des déambulations dans les jardins centenaires. On se dirige lentement vers le palais, clou de la visite.
Et nous y voilà. Trop ne semble pas exister sous les voûtes des palais Nasrides.


Et les balcons offrent des vues fabuleuses sur la ville de Grenade.

Après quelques courses effrénées dans les couloirs du palais, je n'en peux plus! Heureusement, Françoise est là, prête à m'accueillir sur ses épaules.
Le soir on profite de la terrasse et puis on dine de cuisine locale dans notre maison.
Le lendemain tout le monde reprend la route direction la Sierra Nevada, se routes étroites et se villages blancs perchés sur les flancs sud. On dit que parfois, un cow-boy ou un ivoirien maniaque de café hantent la sierra à la recherche du vent ou attendant une légende à la terrasse d'un café blanc de lumière.
Et aussi ça monte!
Et en plus mes chaussures sont trop petites, et mes parents n'ont pas amené d'autres chaussures, et je ne peux plus marcher avec celles-là, et la vie est bien difficile c'est moi qui vous le dit. Me voilà contrainte de me promener dans les rues les plus raides d'Andalousie en chaussons! Dorés les chaussons, mais quand même...
La vue est superbe, il faut avouer.
On redescend pour déjeuner en terrasse. Une église blanche, un restaurant blanc, des maisons blanches et des rues pavées. Le vent se lève, on mange de la viande. Le patron du restaurant vend aussi du jambon. Jacques qui aime un peu la viande, résiste plusieurs secondes d'affilée à la perspective de ramener un jambon en cabine. Et puis il cède. Emballé il ne fait même pas 10 kilos. Fastoche.
On repart, direction un peu plus haut dans la montagne. D'autres perspectives, d'autres acrobaties dans la poussette et un peu plus d'altitude. Le temps se couvre mais la montagne est tout de même vertigineuse. Et puis on rentre, silence de sieste. Une bonne journée de plein air.
Le matin suivant nous retournons faire un tour dans les rues de Grenade. Il fait frais, les rues sont étroites et colorées. On croise quelques bâtisses centenaires, le marché le plus enchevêtré que j'aie jamais vu, plusieurs églises, des places piétonnes, des fontaines et retour à la voiture pour dire au revoir à Lou, Jacques, Françoise, Jean-Lou et Sandrine qui rentrent en France cet après-midi. Il me reste encore 3 jours avec papa et maman et aussi Cécile qui arrivera ce soir.

Il pleut des cordes tout le reste de la journée, on fait la sieste, on dessine, on lit des histoires. Cécile arrive de Séville par le bus. On dîne et on raconte nos vies. Tout le monde est content.
La journée suivante est encore très nuageuse. Je m'aventure dans le brouillard matinal avec papa. Ça se lève rapidement et nous marchons en direction du fond de la vallée. La vallée devient étroite et se remplit d'oliviers et puis elle devient un véritable canyon. Nous marchons un peu le long du torrent et puis nous rentrons déjeuner avec maman et Cécile.
Après la sieste, nous partons marcher un peu plus loin, sur le plateau au-dessus de la maison. Les vues sont belles malgré le manque de lumière. Je cours un peu avec les nouvelles chaussures que maman et papa ont acheté hier. Je lis rapidement les explications sur l'histoire de ce paysage et je continue.

Le matin suivant nous déjeunons tranquillement et décidons de sortir en fin de matinée, direction Grenade. La chance est avec nous, la pluie s'arrête rapidement après notre départ et lorsque nous stationnons la voiture à l'ouest de la vieille ville, il ne pleut plus du tout. Une belle promenade s'annonce.
Nous montons face à l'Alhambra. Le ciel se dégage sur la ville et nous prenons plein de photos. Nous déjeunons quelques pâtes et à la sortie du restaurant le soleil est de la partie.
On trouve même un petit square un peu plus loin.
Le ciel se dégage lentement quand nous découvrons une autre vue sur l'Alhambra.

On se trouve une place au soleil, face au palais. Un petit banc blanc, au calme en haut de la ville. On profite de la chaleur pour admirer, photographier, dessiner et même dormir un peu.

Plus tard on repart et il fait chaud et on est content d'en profiter. On redescend par des ruelles et des escaliers.
On retrouve la cathédrale et on prend un goûter en terrasse non loin de là.
Et puis le temps vient de quitter Grenade et de prendre la route du retour. Après un bon petit déjeuner, on range la maison, on rend les clés et on fait un dernier petit tour dans cette belle ville. Quelques achats, une petite promenade, un peu d'embouteillages, une pizza et nous voilà de retour à la gare routière pour déposer Cécile qui repart vers Séville.
Quant à nous, c'est la route vers le sud, direction Motril, le soleil, la plage, les serres, la fin de la Sierra Nevada et la plage. On fait halte à Almunecar pile à l'heure du goûter. C'est une petite ville qui pourrait être nettement plus peuplée que lors de notre passage et nous apprécions un peu de chaleur et de sieste sur le sable noir. La mer est froide.

Une dernière photo en fin de journée et on repart direction Malaga et un formidable hotel d'aéroport pour être prêts à décoller le lendemain matin.
C'est le tout dernier bâtiment de la chaîne Campanile. Le gérant est français, il y a un resto, tv5, un salle de bain fraîchement peinte et tout le confort d'un triple vitrage entre une zone commerciale, une autoroute et un bout de piste de décollage.
Au petit matin on se lève à peine réveillés, on rend la voiture, on boit des cafés d'aéroport, on attend, on n'enregistre pas grand chose, on attend encore un peu, on embarque et on décolle. Le ciel est suffisamment dégagé pour des vues d'ensemble.
Atterrissage à Paris, train pour Rennes et retour à la maison. On déballe, on range, je retrouver mon monde, mes poupées sont là.
Et l'automne reprend son cours.
Je continue à découvrir les joies de la peinture, du ballon, du toboggan. Je m'approprie ma maison, ma nouvelle chambre, les menus travaux, le trajet en vélo pour aller chez tata.

Le week-end du 1er novembre on va passer 2 jours avec plein de copains sur l'estuaire de la Gironde. On loue une très grande maison et on passe 2 jours à se promener, discuter, manger, et j'essaie de comprendre comment fonctionnent les réseaux de personnes et tout petit plus grandes que moi. On visite Talmont-sur-Gironde. Un beau petit village coupé du reste du monde par une route qui tourne en rond juste à l'entrée du village. On ne tourne qu'une fois avant de s'arrêter et de continuer à pieds. Il y a un peu de brouillard ce matin, mais on devine quand même de belles choses.
Puis ça se lève et il fait bon.
On croise une parisienne anonyme... mais pas tant que ça. C'est Cécile, avec Ilyes.
La bande mange.
On bulle là quelques temps, à courir pour les uns, à manger pour les autres, à crier, rigoler. Observer en ce qui me concerne. Tous ces gens qui semblent avoir trouvé le moyen de faire des choses ensemble, de partager des objets d'attention, tout ça de manière autonome. Ça me fascine.
Et puis maintenant le ciel est clair et l'étendue de l'estuaire juste après un bon repas inspire au repos et à la contemplation.

Une petite sieste s'impose comme une évidence après tout cet air. Puis, on est ressorti et on a vu des bateaux, des chasseurs, un cortège de mariage digne des diligences fatiguées du wyoming, et on a même brièvement trainer la poussette dans un chantier pour rafraîchir les bateaux. Un endroit formidable où on peut voir des bateaux comme on les voit rarement, avec des grandes rampes qui descendent vers la mer, des roues et des bidules, des barres qui font clong et des tas de machins plus ou moins déformés par le vent et l'eau.
Peu avant de partir, je me découvre un penchant pour la balançoire et pour le dessin partagé. Cette fois avec Jérôme et Aurèle.

Après avoir dit au revoir à tout le monde, on remonte à La Rochelle pour passer un peu de temps chez Michel et Anne juste avant leur départ pour le lointain Vietnam. On en profite également pour caresser le chat, démonter une pile de magazines, nourrir les poissons.
Et puis on rentre. Cette fois, l'automne va filer droit jusqu'à l'hiver. La cuisine sera finalement terminée un jour mais pas tout de suite, mes grand-parents passent le mois de novembre chacun à un bout du monde (Vietnam et Patagonie), les jours raccourcissent, l'anniversaire de papa, un jour après l'autre.
Maman m'offre une super bidule pour protéger la table lors de mes aventures picturales. J'apprends des nouveaux mots tous les jours, je perfectionne le son des autres, je mange un peu, je change de lit pour passer des barreaux au grand lit (papa il faut des cravô).
Je profite encore un peu du parc avant l'hiver. Je maîtrise de mieux en mieux le toboggan
par le bas.
Et puis je continue à découvrir notre nouvel espace fait d'escaliers, de jardin, de dedans avec un peu de dehors.

Lou vient nous rendre visite. Je lui montre tous mes livres, mon nouveau coin pour jouer, les histoires fabuleuses qu'on peut regarder défiler sur l'écran au-dessus des livres, les disques, les chevaux, le bus, le pompier, le train et l'autre train, le livre qui chante, la peinture. Tout dès son arrivée. Et puis il reste 2 jours avec moi juste pour jouer. Super!
Début décembre tatasabelle m'envoie un calendrier de l'avant. En fait, ce que ça veut vraiment dire, ce que ça représente vraiment, c'est la promesse d'un chocolat tous les soirs. Un truc vraiment fabuleux en quelque sorte. La projection dans un avenir certainement super!
Le 17 décembre 2009 il neige sur Rennes. Plus de bus, tout marche au ralenti. Ça disparaît vite.
L'après-midi, il n'y a plus que quelques trainées blanches sur les trottoirs ombragés, on prend le train direction Paris. J'y verrai mes cousins, mes parents sortiront à la parisienne, restaurant, cinéma (Jarmusch en Espagne avec Isaach de Bankolé, toute une histoire de couleurs et d'ambiances bizarrement enchaînées), et même un concert. La totale.
Après ça, viennent tour à tour, l'hiver, les vacances, noël, des cadeaux, un peu plus de cadeaux, un peu plus de vacances et une nouvelle année et une saison froide. Et je continue de discuter, de raconter des histoires de plus en plus longues, d'observer le monde depuis une poussette, un siège de vélo ou en courant sur les trottoirs.



1 commentaire:

Eric a dit…

Toujours la même chose à dire. Ne se renouvelle pas Tata Isabelle mais Merci Merci Benoit pour toutes ces aventures. Et merci Alice.
Gros bisous